Antigone 82 au Figuier Blanc

(actualisé le ) par J. MARTIN

Antigone 82 au Figuier Blanc Une représentation en matinée le vendredi 1er décembre

Répétition d’Antigone 82
Répétition d’Antigone 82 , Photo © L’Apostrophe Scène Nationale de Cergy Pontoise

Les classes de Première L1 et Première L/ES ont assisté à une représentation de la pièce Antigone 82 sur la scène du Figuier Blanc pour une représentation en matinée le vendredi 1er décembre.
En L/ES, ce spectacle venait ponctuer les deux premières séquences, croisant les objets d’étude Théâtre, texte et représentation et La question de l’Homme dans les genres et les formes de l’argumentation. Cette mise en scène s’est révélée une chambre d’écho aux lectures et aux questionnements posés en classe. Ainsi, la réplique de la pièce Antigone 82 : « La guerre est folie. La paix doit l’être aussi. Tu vas monter Antigone à Beyrouth, Georges. » a fait résonner la réplique de Nawal dans l’œuvre de Wajdi Mouawad, Incendies : « Tous les jours je vis dans le visage même de ceux qui détruisent nos vies. (...) Mais j’ai fait une promesse, une promesse à une vieille femme d’apprendre à lire, à écrire et à parler pour sortir de la misère, sortir de la haine. Et je vais m’y tenir à cette promesse. Coûte que coûte. Ne haïr personne, jamais, la tête dans les étoiles, toujours. » Le professeur : F. MASSON

Antigone 82 montée par Jean-Paul Wenzel fait référence à la pièce Antigone de Jean Anouilh, qui lui-même réécrit l’oeuvre de Sophocle. Elle est aussi une reprise du roman de Sorj Chalandon, Le quatrième mur et fait référence à l’année 1982 où se situe l’action. Le projet tiré du roman adapté au théâtre nous raconte en effet l’histoire de Georges qui s’engage auprès de son ami à monter Antigone d’Anouilh au Liban, pendant la guerre. En rassemblant sur scène des acteurs issus des clans ennemis (chiites, sunnites, druzes, palestiniens et chrétiens), le théâtre porte l’espoir de faire naître le dialogue et la paix le temps d’une représentation au cœur de la violence et du chaos. Nathanaëlle VALENTIN.
L’originalité de la mise en scène réside dans la place donnée au spectateur. La pièce joue en effet sur l’effet de connivence entre les spectateurs et les acteurs. Tout d’abord, le dispositif tri-frontal, avec les gradins de face et deux rangées de fauteuils qui se font face sur scène installe une proximité de la scène et de la salle. De plus, les acteurs interviennent aussi bien parmi le public que sur scène ; ils s’adressent parfois directement au specateur ce qui le plonge dans l’action. De même, les acteurs et les musiciens sur scène rappellent le choeur antique en touchant directement les spectateurs par les sens. Nous ne sommes plus de simples specteurs mais nous devenons les témoins de l’Histoire. Lina LMOUD

La pièce Antigone 82 se concentre ainsi sur nos sens. Que ce soit en passant par la vue ou l’ouïe, tout est fait pour nous immerger dans la pièce. Le son est ici très présent : haussement de voix d’un acteur, son des explosions, puissant et grave, créant une sensation de peur et d’insécurité. Au contraire, un musicien jouera de son instrument pour souligner l’intensité du dialogue, ou la musique accompagnera les mots, discrète, presque transparente. Les couleurs sont aussi un enjeu de mise en scène. Prenons l’exemple de la scène de répétition : la lumière se concentrera sur les personnages des différents camps, venant appuyer les convictions ou la colère, les émotions ou le murmure. Ou bien encore, lors d’une attaque ou une situation de danger, la lumière ira se positionner, à la manière du soleil, derrière des gardes munis d’armes pour leur donner un caractère imposant. Le jeu des couleurs passe du jaune au fondu au noir, pour vaguer au rouge.
De ce fait, le théâtre joue sur les sens et donc sur la présence. Eden BEN HADJ YOUNES BEN NACEUR

Par l’écran au fond du plateau, qui fait figurer les lieux de l’action et les dates, ainsi que par les échanges en direct, en sorte de face-time entre les personnages sur scène et à l’écran, la pièce est très contemporaine. L’action se joue ici et maintenant, sous nos yeux. Ainsi, grâce à tous ces choix de mise en scène, nous pouvons supposer que le metteur en scène avait lui-même un objectif : casser le quatrième mur, invisible du théâtre. Ce quatrième mur, qui est la coupure entre la fiction et la réalité, les spectateurs et la scène, est ici brisé. L’illusion théâtrale est rompue puisque nous faisons partie de la pièce. Sara GONCALVES QUEIROS

Le théâtre permet ainsi d’unir les personnes entre elles et d’exprimer une autre perspective aux spectateurs. C’est aussi le lieu d’une remise en cause du spectateur. Le théâtre nous permet en effet de voir le monde tel qu’il est, que ce soit pendant la guerre, ou le temps d’une trève et d’un rêve de paix. Le théâtre, pas seulement la tragédie, permet également de représenter la violence dans l’intention d’y mettre fin. Djidjga AIT BOUALI
Le théâtre peut donc être comparé à un miroir dans lequel les acteurs et les spectateurs voient leur reflet. La scène théâtrale peut dénoncer, critiquer et faire réfléchir. Elle raconte des faits historiques ou bien imagine même le futur, en montrant les erreurs des hommes. Elle montre le comportement de l’Homme dans toutes les situations, que ce soit le chagrin, l’amour, la colère. Elle a un rôle cathartique ou didactique. Anne- Laure LUMBILLA

novembre 2018 :

Rien pour ce mois

octobre 2018 | décembre 2018